| Electre : dans la mythologie grecque, princesse de Mycènes, fille de Clytemnestre et d’Agamemnon, sœur d’Iphigénie et d’Oreste, avec qui elle finit par assassiner sa propre mère |
Avant cet épisode, Electre ne m’évoquait rien. Pour être honnête je la confondais même avec son frère, Oreste, puisqu’ils sont souvent associés et que, quand même, ce sont deux prénoms qui se ressemblent. Dites-moi Iphigénie, leur sœur sacrifiée sur un autel, peut-être plus. Dites-moi encore leur famille maudite, les Atrides, qui ont d’ailleurs inspiré la famille des Atréides du cycle de Dune, et là, ça résonne davantage.
Dans la mythologie grecque, donc, Electre est une princesse de Mycènes, fille du grand roi Agamemnon, et dernier maillon d’une chaîne de violence.
Quand sa tante, Hélène de Troie, quitte son oncle Ménélas, pour rejoindre Troie de gré ou de force, son père Agamemnon prend la tête de la coalition grecque. Il sacrifie alors la sœur d’Électre, Iphigénie, afin d’obtenir de bons vents pour naviguer vers Troie.
Sa mère, Clytemnestre, ne pardonne jamais à Agamemnon d’avoir tué leur fille. Alors quand, après dix ans de guerre, Agamemnon revient à Mycènes, Clytemnestre l’assassine dès son retour, ainsi que Cassandre, sa jeune prisonnière qu’elle voit comme une rivale.
Ainsi, après avoir vu son père assassiner sa sœur, Electre voit sa mère assassiner son père.
La troisième et dernière étape de ce rouleau compresseur macabre, presque logique, sera Electre qui prend les armes, avec son frère Oreste, pour tuer leur propre mère.
Dans cet épisode, nous avons donc parlé d’Electre. Nous avons parlé :
- D’une famille violente, d’un cycle de vengeances, de colère, de ruses cruelles, d’assassinats, d’infanticide, de matricide, de comédie et de tragédie.
- De relation mère-fille, de ressembler à son père plutôt qu’à sa mère, de vengeance féminine, d’inversion des codes du genre, d’anomalie – voire de déviance.
- D’autres figures féminines se revendiquant d’ascendances masculines et de la violence, de la grève du sexe de Lisystrata, et de subvertir les assertions sociales au mariage et à la maternité.

L’experte invitée
Chloé Drappier est normalienne et agrégée de lettres classiques. Elle enseigne actuellement dans le secondaire en Provence, après avoir été chargée de cours à Sorbonne Université et l’Université Lyon III.
Chloé a soutenu sa thèse de doctorat en littérature grecque sur les figures de mères et les représentations de la maternité dans les comédies d’Aristophane. Ce travail l’a amenée à travailler sur la tragédie, ainsi que sur des figures féminines comme Lysistrata et Electre.
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Electre dans l’histoire de l’art




Bibliographie
Bibliographie sur Electre
- Bollack J., « Les deux Electre », dans La Grèce de personne, Paris, Seuil, 313-335.
- Garvie A. F., « Three Different Electras in Three Different Plots », Lexis 30, 2012, 283–293.
- Lexis, 30, 2012 : Actes du colloque « Les trois Electre » organisé par le réseau CorHaLi en 2011 à l’Université Lille 3 (articles de Alaux, Bollack, Garvie, Judet de La Combe, Pucci, Wach, Zeitlin, etc.).
- Michelini A. N., Euripides and the Tragic Tradition, Madison, University of Wisconsin Press, 1988.
Sources primaires sur Electre
Tragédies
- Eschyle, Agamemnon (vers 458 av. J.-C.)
- Eschyle, Les Choéphores (vers 458–455 av. J.-C.)
- Eschyle, Les Euménides (vers 458–455 av. J.-C.)
- Sophocle, Électre (vers 410 av. J.-C.)
- Euripide, Électre (vers 410 av. J.-C.)
Mythographie
- Apollodore, Bibliothèque (IIe siècle ap. J.-C.)
- Hygin, Fabulae (Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.)
- Pausanias, Description de la Grèce (IIe siècle ap. J.-C.)
Bibliographie de notre invitée
- Chloé Drappier Sautereau. « Le parcours féminin d’Électre ou les ruses de la mal mariée« . Cahiers du Théâtre Antique, 2023, 5, pp.15-31.
- Chloé Drappier Sautereau (à paraître). « Figures de mères et représentations de la maternité dans les comédies d’Aristophane : enjeux dramatiques, génériques et anthropologiques ». Thèse de doctorat, Sorbonne Université, soutenue en 2024.

