Cybèle, déesse mère du monde sauvage

Cybèle (ou Magna Mater, « Grande déesse ») : déesse-mère primordiale, déesse de la nature, des femmes et des animaux, originaire de Phrygie (actuelle Turquie), puis reprise dans la mythologie grecque et romaine

Pour cet épisode, nous évoquons une déesse-mère particulière : Cybèle, aussi appelée Magna Mater par les Romains. Cette déesse ne peut être rattachée à une seule nation moderne, puisqu’elle est apparue en Phrygie, en actuelle Turquie, puis a été vénérée en Grèce, puis à Rome, avant de se diffuser, par l’Empire romain, à travers l’Europe, comme en France et en Allemagne.

Cybèle à Rome est une déesse fascinante par ce trajet géographique, mais surtout par la « sauvagerie » qu’elle porte et qu’elle incarne. Sauvage parce que ayant grandi dans la montagne, avec les lions qu’elle apprivoise et protège. Sauvage, aux yeux des Romains, car importée par eux de la Phrygie lointaine. Sauvage, enfin, par la violence qui caractérise son mythe et son culte, marqué par les émasculations de prêtres et de taureaux.

Dans cet épisode, nous avons parlé de Cybèle. Nous avons parlé

  • de la Sibylle romaine et de la Pythie grecque, de guerre et de météorites ;
  • de fêtes, de gladiateurs, d’animaux, de castration de prêtres, de sacrifices de taureaux et de mystères encore non révélés ;
  • de sauvagerie et de violence, et de comment une déesse sauvage et sanglante a pu devenir la très institutionnalisée protectrice de l’Empire romain.

Pour tout ça, et plus encore, je vous invite à rejoindre ma conversation avec Audrey au sujet de Cybèle.

L’experte invitée

Audrey Ferlut est docteure, historienne et épigraphiste, spécialiste des religions et des déesses gallo-romaines. Sa thèse de doctorat, soutenue à l’Université de Lyon, s’intitule “le culte des divinités féminines en Gaule Belgique et dans les Germanies sous le Haut-Empire romain”.

Chercheuse associée au Laboratoire Histoire et sources des mondes antiques (HISOMA), elle a publié plusieurs articles et ouvrages sur les déesses dans les provinces romaines. Chevalière de l’Ordre des Palmes Académiques, elle participe à des projets de recherches internationaux en France, en Allemagne et en Autriche.

Écouter l’épisode

Date de sortie : 15 décembre 2024

Disponible sur :

Dans l’histoire de l’art

Anonyme, Cybèle chevauchant un lion, Museum of Fine Arts (MFA) Boston
Anonyme, Cybèle chevauchant un lion, -400 BCE, Museum of Fine Arts Boston (MFA)
W.S. Kimball & Co, Trade car of Cybele, 1889, Metropolitan Museum (MET)
Ernest Louis Lessieux (1848–1925), Cybèle, carte postale, Museum of Fine Arts Boston (MFA)

Bibliographie

Bibliographie sur Cybèle

Ouvrages

  • Alvar, J. (2008). Romanising Oriental Gods: Myth, Salvation and Ethics in the Cults of Cybele, Isis and Mithras. Brill, collection « Religions in the Graeco-Roman World », vol. 165.
  • Dubosson-Sbriglione, L. (2018). Le culte de la Mère des dieux dans l’Empire romain. Franz Steiner Verlag, collection « Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge », vol. 62.
  • Munn, M. H. (2006). The Mother of the Gods, Athens, and the Tyranny of Asia: A Study of Sovereignty in Ancient Religion. University of California Press.
  • Van Haeperen, F. (2011). Les religions orientales du paganisme romain, introduction à la quatrième édition, Paris.
  • Van Haeperen, F. (2019). Étrangère et ancestrale. La Mère des dieux dans le monde romain. Éditions du Cerf, collection « Les conférences de l’EPHE ».

Articles

  • Blänsdorf, J. (2010) : “The Defixiones from the sanctuary of Isis and Magna Mater in Mainz”, in : Lindsay Gordon, R., et Marco Simòn, Fr. dir. (2010), Magical Practice in the Latin West: Papers from the International Conference Held at the University of Zaragoza, 30 Sept. – 1st Oct. 2005, Leyde, 139-181.
  • Bøgh, B. (2007). « The Phrygian Background of Kybele ». Numen, 54(3), 304–339.
  • Bøgh, B. (2012). « Mother of the Gods: Goddess of Power and Protector of Cities ». Numen, 59(1), 32–67.
  • Luciani, S. (2017). « Cybèle et les mystères de la matière (Lucrèce, De rerum natura II, 581-660) ». Revue des études latines, 94, 45–65.
  • Spickermann, W. (2013) : “Women and the cult of Magna Mater in the Western provinces”, in : Hemelrijk, & Woolf, 2013, 147-170.
  • Ustinova, Y. (2021). « Imaginary Phrygians: Cognitive Consonance and the Assumed Phrygian Origin of Greek Ecstatic Cults and Music ». The Journal of Hellenic Studies, 141, 54–73.
  • Van Haeperen, F. (2005) : “ Fonctions des autorités politiques et religieuses romaines en matière de  « cultes orientaux »”, Bonnet, Rüpke & Scarpi, 2005, 38-60.

Bibliographie de Audrey Ferlut

  • Ferlut, A. (2022). Les divinités féminines en Gaule Belgique et dans les Germanies sous le Haut-Empire romain, éditions Ausonius
  • Ferlut, A. (2021). « Investir un territoire de frontière : le culte des Matronae dans la Civitas Ubiorum en Germanie Inférieure », Frontière·s, 4 | -1, 51-63.
  • Ferlut, A. (2019). “La religion des soldats dans les provinces rhénanes et danubiennes“, in : Wolff, C. et Laforge, M.-O. : Religion et pouvoir dans le monde romain, 167-194.
  • Ferlut, A. (2023). « The Cult of Nehalennia in Colijnsplaat during the Roman Empire: Merchants transferring Urban Ritual Practices to an Outpost on the North Sea » in J. Rüpke and E. Urcioli, Blurring Boundaries, De Gruyter
  • Ferlut, A. « The Quadruviae: Cult Mobility and Social Agency in the Northern Provinces of the Roman Empire ». In C. Bonnet, T. Galoppin, E. Guillon, M. Luaces, A. Lätzer-Lasar, S. Lebreton, F. Porzia, J. Rüpke & E. Urciuoli (Ed.), Naming and Mapping the Gods in the Ancient Mediterranean: Spaces, Mobilities, Imaginaries (pp. 311-334). Berlin, Boston: De Gruyter.