Marina Mankarios : sculpter des Vénus en fragments, en ruines

Bonjour ! Bienvenue dans les hors-série artistiques du podcast La Nymphe et la Sorcière, où je vous fais rencontrer, non des chercheuses et historiennes, mais des artistes qui continuent d’interpréter et de faire vivre les femmes de l’Antiquité.

Dans cet épisode, j’invite l’artiste Marina Mankarios.

Marina Mankarios est une sculptrice franco-égyptienne qui manie les techniques de moulages autour de modèles gréco-romains, dont la déesse Vénus. Elle réside et travaille en région parisienne, dans un joli atelier de Gennevilliers où je l’ai retrouvée.

Dans son atelier, de la poussière blanche, du plâtre et des bustes inachevés nous contemplent depuis les étagères. Ou peut-être sont-ils achevés, justement, car Marina expérimente avec les modèles antiques pour créer des œuvres déformées, creusées, déséquilibrées.

Ses Vénus ont tantôt deux visages, tantôt le buste creux, le cou fracturé, la tête florissant en deux pans ceints de vide. En jouant avec la matière, en s’appropriant le vocabulaire visuel de la ruine, Marina explore les notions de mémoire et d’oubli, l’héritage que nous transmettrons, et ce qu’il manque et à jamais disparaît de notre histoire.

L’artiste invitée : Marina Mankarios

Marina Mankarios, née en France en 1996, est une sculptrice franco-égyptienne résidant et travaillant à Paris. Diplômée de l’ENSAAMA Olivier de Serres en art et design, elle explore les notions de mémoire et d’oubli, interrogeant notre rapport au temps grâce à l’appropriation plastique de fragments antiques.

Elle manie les techniques de moulage statuaire et expérimente avec les modèles gréco-romains, créant des œuvres déformées, creusées et déséquilibrées. En jouant avec la matière, Marina Mankarios œuvre pour illustrer l’oubli, ce qu’il manque et à jamais disparaît de notre histoire. L’artiste use de ces défauts et les inscrit dans un contexte contemporain fragile : elle s’interroge sur le devenir de notre civilisation, sur l’héritage que nous transmettrons. Que restera-t-il ? Cette recherche s’approfondit vers une réflexion sur la surproduction des sociétés et leur incapacité d’absorber ce surplus qu’elle qualifie de déchet. Comment le temps opère-t-il une sélection dans ce trop inutile ?

Marina Mankarios expérimente avec les techniques de moulage, utilise des procédés de collage, de décalage, de déformation propres à la littérature de l’absurde et s’approprie le vocabulaire visuel de la ruine pour créer des œuvres qui figent le temps tel un arrêt sur image, une parenthèse avant une chute qui semble imminente.

Dans cet épisode, nous avons parlé :

  • De l’Antiquité dans l’art, de sculpture antique, de moulage, de la poussière du plâtre et de celle des pyramides, de rapport à la ruine, au temps qui passe, et à ce que nous laisserons dernière nous 
  • De la déesse Vénus, et de sa beauté, de modèle idéal à motif invisibilisé, de corps, d’objectification, de surréalisme, de poésie, de découpage, de collage, de déséquilibre et de destruction.
  •  De mythes, de l’artiste comme faiseur ou défaiseur de mythes, de créer de nouveaux mythes à partir de fragments, et de mythes comme matière, de la réécriture les mythes, de la littérature à la sculpture. 

Vénus chez Marina Mankarios

Marina Mankarios, Vénus en ruine, H25xL16xP15 cm, Plâtre, Série limitée à 12 éditions
Marina Mankarios, Vénus fragmentée #2, H50xL32xP18cm, Plâtre, Série limitée à 12 éditions
Marina Mankarios, Vénus géométrique, 2023, Plâtre, H35xL22xP12cm, Série limités à 8 éditions
Marina Mankarios, Vénus Fragmentée #9, 2023, Plâtre, H44xL28xP20cm, Série limitée à 8 éditions

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Date de sortie : 15 juin 2026

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